On se souviendra que l’inspecteur Brown visitait le Princess Dream tandis que Stewart Brown s'apprêtait à procéder à l’arrestation de Benito Camparé et que la belle Claudi, à bord de mon yacht, présentait à sa nouvelle équipe son idée pour une émission télévisuelle.
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Mes techniciens balayaient sans relâche la Riviera française pour dénicher la présence de Carlos, Anthony et Benito. Un nuage de fumée s’élevant des montagnes au nord de Monaco attira soudainement leur attention. Le satellite repéra une voiture renversée sur le côté dans le stationnement d’une supérette. En zoomant, le téléobjectif fit apparaître deux hommes en train de se bagarrer. C’est sans peine que mes employés reconnurent le colosse, prénommé Benito.
- Dis donc ! Lança le technicien pour son camarade de travail. Tu vois ce que je vois ?
Son vis-à-vis leva les yeux pour regarder les images transmises par Prolongation. Il n’en revenait pas.
- Ce n’est pas possible. Benito se fait massacrer !
Averti, par son grand ami Ali, de la présence des trois individus recherchés à bord d’une vieille Ford à Monte-Carlo, Jack avait délaissé ses recherches à Cannes pour se rendre à Monaco. L’hélicoptère le déposa au port où il gagna la Mercedes toujours disponible pour les employés du Princess Dream.
Monsieur Palace accourut au plus vite, en compagnie de Timy, sur les hauteurs de la Principauté. Les techniciens au studio informatique les dirigèrent directement sur le centre alimentaire.
Caché, derrière un arbre, Jack assista, médusé, à la scène mettant en vedette un jeune homme et un colosse. Il n’en croyait pas ses yeux. Ce gringalet couvrait de ridicule le géant sans que ce dernier arrive à répliquer. Monsieur Palace s’amusa de la chose en pensant suivre une dramatique contemporaine de la version de David et Goliath. Le karaté-man l’impressionna avec ses tours de passe-passe, esquivant facilement son opposant. Hélas ! La chance tourna soudainement et il se retrouva perché au bout des bras du malabar, à la merci du monstre, trop heureux d’assouvir sa vengeance. Jack dégaina son Walter Tactical, dont l’équipement en série se compose d’un silencieux et d’un viseur point rouge. Il visa Benito ; un jeu d’enfant. Le projectile pénétra l’oreille droite de l’homme et déboucha la seconde suivante par l’autre pavillon cartilagineux. Il s’écroula fauché. Jack demeura silencieux à l’ombre du pin centenaire qui le dissimulait. Il fouilla le voisinage des yeux pour s’assurer qu’on ne l’avait pas repéré.
La panique s’empara des quelques personnes à faire leurs emplettes. La vue du titan gisant dans une marre de sang fit fuir tous ceux qui assistèrent à la scène. Les autres se cachaient à l’intérieur, derrière les comptoirs. Le préposé, vraiment énervé, alerta les pompiers. Jack en profita pour s’éclipser et aller rejoindre Timy, qui l’attendait dans la voiture de service.
- Ma main au feu, dit mon bras droit, que les deux petits copains de Benito ne sont pas loin.
- Je tiens le pari ! Appuya Timy.